LA GLOSSOPHOBIE : UNE PEUR MÉCONNUE

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Les regards étaient fixés sur moi, c’était le moment de prendre la parole. Tout à coup mes mains ont commencé à trembler, j’ai eu du mal à m’exprimer… ça recommence.

Dans le monde, plusieurs personnes naissent avec des handicaps, tantôt physiques, tantôt mentaux. C’est au cours de mes années lycée que j’ai découvert que je souffrais d’une peur dont j’ignorais le nom. 

Tout a commencé en terminale, le jour d’un exposé de groupe plutôt banal, nous étions quatre élèves. Chacun d’entre nous était chargé de présenter son travail; lorsqu’arriva  mon tour, un filet de sueur coula le long de mon front. J’ai senti les regards de toute la classe fixés sur moi et j’ai commencé à trembler des mains, ma voix à peine sortie ressemblait à celle d’une personne en larmes. Bien que je savais ce que j’avais à faire, un sentiment étrange m’envahit, je ne saurai l’expliquer…

A la suite de mon passage, j’ai compris que j’avais réellement un problème mais je n’étais pas prête à y faire face.

Les années sont passées, me voici en licence, un diplôme qui sera sanctionné par la remise d’un mémoire de fin de cycle. La présentation de celui-ci se fera forcément par le biais d’une soutenance donc d’une prise de parole en public. 

C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience qu’il fallait que je lève le voile sur cette peur en  me documentant sur le sujet. En explorant la toile, j’ai découvert que cette peur est appelée la glossophobie.

C’est quoi la glossophobie ?

La glossophobie est la peur de parler en public, devant un groupe plus ou moins grand, mais aussi la crainte de s’exprimer en public, pouvant provoquer un état d’anxiété, une panique, des rougissements, des tremblements, des malaises. Pour ma part, cette angoisse ne se manifeste pas qu’à l’instant T, mais avant, pendant ainsi qu’après une prise de parole.

Contrairement aux autres phobies, la glossophobie n’est pas déclenchée par certains stimuli comme les insectes, les profondeurs ou encore les hauteurs. Un glossophobe ne pense  pas que sa vie prendra fin en prononçant un discours en public, non! Il est plutôt envahi par la peur d’être jugé ou encore par un sentiment de gêne. Étant donné que cette peur découle d’un sentiment de jugement, elle peut être classée dans la catégorie des troubles liés à l’anxiété sociale regroupés sous le terme phobie sociale.

Dans la plupart des cas, on naît glossophobe ou on le devient à la suite de plusieurs facteurs notamment, biologiques, environnementaux ou encore psychologiques (suite à un traumatisme ou à des expériences de la vie). Par exemple, chez certaines personnes la glossophobie peut être causée par un manque de confiance en soi, chez d’autres par la peur de décevoir autrui ou par un manque de préparation au préalable.

Dans mon cas, je ne saurai dire ce qui m’a rendu glossophobe, peut-être que c’est dû à cette petite timidité qui sommeille au fond de moi ou encore, au fait que je ne suis pas confortable entourée de plusieurs personnes. De nombreuses hypothèses, mais hélas aucune véritable réponse.

A la question de savoir comment reconnaître une personne atteinte de glossophobie, je ne saurai répondre. C’est une maladie difficilement décelable car, elle n’est pas visible la plupart du temps.

En effet, un glossophobe n’a pas de signe distinctif, se comporte normalement, et très souvent a une bonne expression orale . Tant que celui-ci n’est pas poussé à prendre la parole devant un groupe de personnes, on peut dire que cette peur est inexistante.

Chaque être humain est différent. Néanmoins, selon ce que j’ai appris sur le sujet, et plus précisément me concernant, la glossophobie se manifeste par une augmentation du rythme cardiaque, des palpitations, une transpiration excessive, parfois des vertiges. Sans oublier les balbutiements, le tremblement de certaines parties du corps, l’oubli de ce qui doit être dit ou lu et bien d’autres signes encore.

Tout comme les facteurs, les conséquences de cette peur sont multiples. Il y a bien évidemment le cas de l’élève ou l’étudiant à qui ce handicap pourrait être un frein à sa réussite ou encore au fait d’avoir une vie sociale épanouie. Pour l’employé évoluant en entreprise, elle peut l’empêcher de faire des représentations publiques ou de pouvoir s’affirmer lors des réunions, ce qui limitera l’avancement de sa carrière.

Jusqu’à présent , ce n’est pas une maladie ayant un traitement fixe. Néanmoins, il existe certaines solutions comme des séances de psychothérapies, une bonne préparation avant toute prise de parole, une participation à des cours de théâtre ou à des clubs de partage. A cela s’ajoutent des activités comme le yoga ou la méditation et le fait de s’armer de courage en prenant régulièrement la parole devant plusieurs personnes.

D’autres recherches sur la toile vous parleront aussi de certains médicaments qui pourront atténuer cette peur. Faites attention car, à force de se doper pour soigner une maladie, on peut développer d’autres soucis comme devenir addict.

Pour vous mettre dans la confidence, depuis peu je me bats à vaincre cette peur. Je passe notamment par le fait de soliloquer. Par exemple, quand j’ai une réunion avec les rédactrices d’Imania, j’anticipe en faisant des séances de répétition seule face à moi-même. Récemment j’ai fait un exposé de groupe où j’ai eu dix-huit, rires. A travers mes recherches, j’ai eu  à découvrir certains exercices de relaxation qui atténuent cette peur. Pour arriver à parler lucidement ce jour-là, j’ai fait des séances de respiration la veille, le matin et même quelques minutes avant la présentation. Tout ceci a l’air bien banal, mais croyez moi ça en vaut la peine et ça paie. Il y a aussi le fait  que je participe ces derniers temps à une sorte de réunions sur le réseau social Twitter. Elles consistent à réunir dans un espace virtuel  plusieurs personnes s’exprimant sur différentes thématiques.

Même si les résultats ne sont pas immédiats , je constate un léger changement dans ma manière de m’exprimer en public, d’où l’envie aujourd’hui de vous parler de cette peur.

Le terme glossophobie est encore peu connu, plusieurs d’entre nous souffrent de certaines peurs sans réellement les connaître. J’ai voulu vous partager ma petite expérience mais aussi  rappeler que ce n’est pas tout de pratiquer soi-même de l’auto-médication.  Comme toute autre maladie, il est préférable de demander de l’aide à son entourage ou d’aller consulter un professionnel du domaine si celle-ci devient préjudiciable et destructrice pour votre santé mentale et physique.

Christie.

4 commentaires sur “LA GLOSSOPHOBIE : UNE PEUR MÉCONNUE”

  1. Ibrahim Gnoliwou

    Merci pour cette thématique, bon nombres de gens souffrent de la glossophobie mais ne savent pas comment s’en sortir,je crois que ces astuces aideront plus d’une personne.

  2. Super texte, c’est un sujet beaucoup négligé mais qui touche énormément de personne à travers le monde. Merci d’avoir raconter ton expérience car sa aidera certainement énormément de personne. Good Job 🥺

  3. Super texte, c’est un sujet beaucoup négligé mais qui touche énormément de personnes à travers le monde. Merci d’avoir raconté ton expérience car sa aidera certainement un grand nombre de personnes. Good Job ♥️

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