LES MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES

Source image: Plan international

Oui ! On parle de mutilations génitales féminines, mais savons-nous réellement à quoi renvoie ce phénomène?

Le 6 février dernier a marqué la journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF). À l’échelle mondiale, près de quatre (4) millions de jeunes filles risquent  d’être victimes de mutilations chaque anné. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le thème retenu pour l’édition 2021 était « L’inaction n’est pas une option : s’unir, récolter des fonds et agir pour l’élimination des mutilations génitales féminines ». C’est dans ce sens que le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, déclare que ce thème souligne qu’une action accélérée s’avère nécessaire pour sauver les filles. Ce préjudice esthétique intentionnel viole leurs droits et  affecte à la fois leur santé et leur bien-être.

Ainsi, les mutilations sexuelles féminines se définissent comme étant  toute  intervention incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins qui sont pratiquées pour des raisons non médicales.

Cette pratique est souvent effectuée par des guérisseurs, des accoucheuses traditionnelles, des parents ou encore des professionnels de santé (on parle ici de médicalisation des mutilations génitales). Ces derniers utilisent comme instruments des couteaux, des ciseaux, des scalpels, des morceaux de verre ou des lames de rasoirs. Aucune anesthésie est utilisée lors de cette pratique, sauf évidemment lorsqu’elle est effectuée par des membres du corps médical.

Dans le monde , cette pratique est répandue au sein de trente un pays mais , la moitié des victimes des MGF vivent en Égypte , en Éthiopie et en Indonésie .

Il existe quatre formes de mutilations génitales féminines : 

  • La clitoridectomie 

C’est une ablation partielle ou totale du clitoris et plus rarement  seulement le repli de peau qui l’entoure. Situé sur la partie antérieure de la vulve , le clitoris est un organe érectile faisant partie de l’appareil génital féminin.

  • L’excision

Il s’agit du sectionnement partiel ou total du clitoris mais aussi des petites lèvres avec ou sans ablation des grandes lèvres.

Généralement, lorsqu’on évoque le terme mutilation génitale féminine, le premier mot qui nous vient en tête demeure l’excison. Il est vrai que dans  les années 1990, le terme «Mutilation génitale féminine» s’est imposé à l’échelle internationale suite à des campagnes contre l’excision. Mais de nombreuses personnes concernées refusent cette expression car elles se sentent stigmatisées par l’image de la «femme mutilée». Elles privilégient donc le terme plus neutre d’«excision». 

Organisation externe de l’appareil génital féminin .
Source : https://sciencesdelavieetdelaterre93.files.wordpress.com/2014/08/vulve.jpg 

  • L’infibulation

C’est une mutilation génitale consistant à  rétrécir  l’orifice vaginal par suture. Les petites ou les grandes lèvres sont incisées et positionnées pour former la suture ne laissant qu’une petite ouverture pour que l’urine et les menstruations puissent s’écouler. Elle est destinée à maintenir la virginité de la femme avant le mariage.

Cet acte est souvent suivi de la désinfibulation, une procédure chrirugicale qui consiste à ouvrir la cicatrice de l’infubilation afin de permettre l’accès à l’orifice externe du vagin et, par conséquent, permettre la pratique des rapports sexuels vaginaux.

Dans les pays concernés par les mutilations génitales, la desinfubilation est souvent pratiquée au moment des mariages, afin que les femmes puissent avoir des rapports sexuels normaux avec leur partenaire.

  • Les mutilations non classées 

Elles désignent toutes les autres interventions néfastes pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques. On peut citer notamment la ponction , le percement, l’incision, la scarification et bien dautres encore …

De toutes les formes de mutilations génitales qui ont été cités au dessus, la clitoridectomie et l’excision sont les plus répandues et les plus pratiquées mais, cela varie en fonction des pays et des communautés.

LES CAUSES

La tradition est tenue comme étant la principale cause des mutilations génitales féminines. En effet, un certain nombre de communautés pensent que les MGF font partie d’un rituel traditionnel de passage à l’âge adulte pour les filles âgées d’une quinzaine d’années. Cette pratique consiste tout simplement à rendre la femme “pure” aux yeux de l’homme qui viendra la prendre pour épouse. Il y a aussi le facteur social. Il est dit que les MGF doivent  être utilisées dans un cadre d’initiation des filles au statut de femme adulte ainsi qu’à son intégration dans la vie sociale.

Outre ces facteurs, il y a la religion. Au sein des communautés musulmanes, nombreux croient que subir cette mutilation est un devoir réligieux pour la femme musulmane. 

Dans certains pays, les mutilations génitales féminines font partie de l’héritage culturel et constituent un des moyens qui accentuent l’identité sexuelle de la femme. Elles contribuent au maintien de l’honneur de la famille et à la cohésion sociale . De ce fait, nombreux pensent qu’une femme non mutilée sexuellement est l’objet de l’opprobre général, elle est impropre au mariage ainsi qu’à la procréation.

 Les MGF sont aussi pratiquées pour des raisons hygiéniques. Elles sont considérées  par de nombreuses personnes comme des actes légitimes pour qui, les organes génitaux de la femme sont sales et impurs. Soulignant même que le clitoris, considéré comme laid doit être enlevé pour des raisons d’esthétique.

LES CONSÉQUENCES

De multiples complications surviennent suite à ces pratiques notamment :

  • Des douleurs intenses;
  • Des saignements excessifs;
  • Des difficultés à uriner;
  • Des infections, dues à la non stérilisation des instruments utilisés; 
  • Des décès, suite  à  une hémorragie massive ou encore à une infection grave généralisée; 
  • Des Conséquences psychologiques comme la crainte des rapports sexuels, l’état de stress post-traumatique(SPT), l’angoisse, la dépression; 
  • La nécessité d’une intervention chirurgicale;
  • Des problèmes urinaires et menstruels;
  • Des rapports sexuels douloureux et mauvaise qualité de la vie sexuelle;
  • Des chéloïdes, qui sont un excès de tissus cicatriciels;
  • Des accouchements par césarienne;
  • Des séjours hospitaliers maternels prolongés;
  • Des décès néonataux ou de la mortinaissance
  • Des risques de transmission du VIH, dû à l’utilisation des mêmes instruments sans stérilisation;
  • De l’incontinence;
  • Des  fistules obstétricales.

Les MGF sont des actes condamnables dans plusieurs pays et constituent une violation des droits fondamentaux de la fille et de la femme. Certains pays  réalisent des progrès importants vers l’abolition de cet acte. C’est le cas, notamment du Burkina Faso qui a intégré dans son programme de formation en soins obstétricaux la prévention contre cette violence ainsi que les soins aux femmes et aux filles qui en sont victimes.

Au cours de la journée du 6 février 2021, le Dr Matshidiso Moeti a terminé son discours en lançant un appel d’aide à tous les États membres de l’OMS ainsi qu’aux donateurs. Cet appel vise à engager une lutte sérieuse contre ces mutilations et inclure une prise en charge dûe aux complications de ce phénomène dans la liste des services de santé essentiels pour les programmes de développement humanitaires. Elle a clos en disant que de cette manière, nous pourrons protéger les filles, les femmes et les communautés contre les dangers que représentent les mutilations génitales féminines.

Christie

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