LES PROTECTIONS HYGIÉNIQUES

Toutes les femmes en âge de procréer expérimentent, de la puberté à la ménopause, le phénomène naturel qu’est la menstruation. Les réligions monothéistes telles que le christianisme, l’islam ou le judaisme, ont considérablement contribué à la construction d’une perception négative des règles. Dans leurs textes sacrés respectifs, on retrouve des passages indiquant que les femmes en règles devaient se tenir à l’écart car considérées impures, elles ne devaient rien toucher ni personne (exemple dans la Bible: Lévitique 15 versets 19 à 28). Dans certains milieux de nos sociétés, les menstrues sont encore un sujet tabou comme en zones rurales au Népal où la tradition chaupadi est appliquée. Cette dernière veut que les femmes restent confinées dans des cabanes,  au moment de leurs règles. Bien qu’elles touchent la moitié de l’humanité, il existe un malaise individuel et sociétal à l’égard des menstruations. Certaines femmes témoignent avoir honte d’en parler en public et utilisent des phrases comme “les anglais ont débarqué” pour les désigner; surtout devant les hommes. Cela est bien étrange!

 Les protections hygiéniques ou périodiques peuvent être définies, comme l’ensemble des moyens ou méthodes utilisés par les femmes afin d’éviter les épanchements sanguins; leur permettant ainsi de vivre normalement pendant le cycle menstruel et de vaquer librement à leurs activités. Les protections périodiques actuelles n’existent pas depuis longtemps. Au début des années 1900, les femmes utilisaient encore des ceintures sanitaires auxquelles elles attachaient des linges qu’elles lavaient et réutilisaient ensuite. Cette méthode était écologique bien que contraignante car les tissus utilisés étaient souvent composés de textile en chanvre difficile à laver. En 1920, la ceinture sanitaire évolue, elle est maintenant dotée de serviettes hygiéniques à usages uniques. 

Ceinture sanitaire sans serviette jetable, source image : Lise Antunes Simoes
Ceinture sanitaire dotée de serviette hygiénique jetable, source image : wikipédia

Avec l’évolution de la science, on note un changement progressif concernant les protections hygiéniques. Au rayon menstruation, les femmes ont aujourd’hui différentes alternatives qui sont de plus en plus  éco-responsables.   

Il existe deux types de protections périodiques: internes et externes. 

Parmi les protections périodiques internes, nous distinguons les tampons hygiéniques, les coupes menstruelles et les éponges menstruelles.  

Toutes ces protections hygiéniques se placent dans le vagin  afin d’absorber ou collecter le sang pendant les règles. Elles sont petites, discrètes et pratiques, idéales pour les activités physiques ou sportives pendant le cycle. 

Il est difficile d’énumérer tous les composants d’une protection hygiénique car il n’existe aucune loi obligeant  les fabricants à afficher la composition de leurs produits. Toutefois il a été démontré que le tampon est composé de viscose (soie artificielle) mélangée à du coton. Selon certaines analyses on y retrouve aussi de la dioxine et des phtalates. Étant jetable, il n’est pas une alternative écologique. Il existe des tampons  composés à 100% de coton biologique, non blanchis au chlore, ne contenant ni plastique ni parfum. 

La coupe menstruelle est le plus souvent composée de silicone médical, elle peut aussi être en latex ou en élastomère thermoplastique. On en trouve de différentes tailles, selon le flux menstruel et la taille du vagin. Écologique car  réutilisable à souhait, elle a une durée de vie moyenne d’environ 10 ans. Il faut cependant la nettoyer à la main. Un accès à l’eau est donc nécessaire quand on la change, ce qui n’est pas évident si l’on n’est pas chez soi.

L’éponge menstruelle peut être naturelle ou synthétique. Lorsqu’elle est naturelle, elle est composée  d’une éponge de mer et synthétique, elle est composée de mousse polyuréthane. Utilisable lors d’un rapport sexuel, sa durée de vie va de 6 à 10 mois environ.

En termes de protections hygiéniques externes, nous comptons les serviettes hygiéniques et les culottes menstruelles

Une serviette hygiénique est une bande qui  absorbe le sang issu des menstruations. Il en existe deux types: des jetables et des lavables qui sont réutilisables. Les serviettes hygiéniques jetables sont principalement composées de matières synthétiques et de fibres de bois ou de coton. Certaines d’entre elles peuvent comporter des parfums ou des colorants, d’autres peuvent être blanchies au chlore. 

Concernant les serviettes hygiéniques lavables et réutilisables, elles peuvent être faites à la main et sont généralement composées de trois couches comprenant:une bande de coton , une insertion en tissu absorbant ou en fibre de bois et un tissu anti-fuite dessous. Elles se changent une fois pleines, peuvent être lavées à la machine ou à la main après avoir été trempées. 

La culotte menstruelle est l’une des solutions de protection hygiénique externe les plus efficaces. Elle ressemble aux sous-vêtements féminins classiques, avec un fond  composé d’un revêtement absorbant multicouche. Elle peut être portée seule ou en complément d’une autre protection hygiénique. La culotte menstruelle est sans aucun risque sanitaire et a l’avantage d’avoir un impact écologique moindre. Elle est à privilégier en début et fin de cycle quand on a un flux léger ou normal.

Le manque de réglementation, sur les procédés utilisés lors de la fabrication des protections hygiéniques, suscite plusieurs inquiétudes à propos de leur lien avec certaines maladies ou infections. Le syndrome du choc toxique (SCT) est souvent évoqué. C’est une maladie aiguë causée par une toxine bactérienne, appelée TSST-1, qui pénètre le système de circulation sanguine à la suite d’une infection. Parmi les facteurs de risque du syndrome du choc toxique, les tampons, les éponges et les  coupes menstruelles sont souvent pointés du doigt, car elles bloquent le sang à l’intérieur du vagin, permettant aux bactéries de se développer à la température du corps et de produire la toxine responsable de l’infection..  L’ANSES  (agence nationale [française] de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a été saisie en 2018 par les ministères en charge de la santé et de l’économie, pour déterminer si les protections hygiéniques pouvaient être nocives. Nonobstant les rumeurs associant la maladie du syndrome toxique à l’utilisation des protections hygiéniques, l’ANSES assure qu’il n’y a aucun lien. D’autres redoutent que la présence de la dioxine et des phtalates dans les tampons, puissent avoir des effets cancérogènes pouvant perturber le système endocrinien. Selon l’ANSES, la quantité de substances chimiques dans les tampons, les coupes menstruelles et les serviettes ne dépasserait pas les seuils sanitaires. En général, les cas d’infections remarquées sont causés par un non suivi des règles d’hygiène lors du cycle menstruel. L’ANSES exhorte néanmoins les fabricants à améliorer la qualité des matières premières et à réviser certains procédés de fabrication afin d’éliminer ou tout au plus, réduire la présence des substances chimiques.

Pour éviter des infections graves il faut respecter les règles d’hygiène de base afin d’empêcher aux bactéries de se développer à l’intérieur du corps:

  • Se laver les mains avant et après la manipulation et l’utilisation des protections hygiéniques,
  • Les changer au bout de trois à quatre heures,
  • Préférer les protections externes pour la nuit, 
  • Stériliser la coupe et l’éponge selon la notice, avant et après chaque utilisation.

Il est nécessaire de faciliter un meilleur accès aux protections hygiéniques. En effet, pour les populations défavorisées c’est un accessoire de luxe. Une protection hygiénique coûte en moyenne 53 centimes d’euro soit 350 fcfa. Au Congo en particulier, le paquet le moins cher coûte 500 fcfa. Celles qui ne peuvent pas se le permettre utilisent des méthodes archaïques mettant leur santé en danger.

  • Au Kenya par exemple, les femmes et jeunes filles utilisent des torchons, du papier journal, des morceaux de matelas ou de la boue pour contenir le flux pendant leurs menstrues. Ce sont des instruments inefficaces et dangereux pouvant favoriser des infections.
  • Aux Etats Unis, les femmes sans domicile fixe, n’ayant pas accès aux douches, ne peuvent se nettoyer correctement pendant leurs règles, ce qui entraîne une hygiène inadéquate. De plus, les centres d’accueil n’offrent généralement pas de protections hygiéniques, les abandonnant à elles-mêmes.

La menstruation est un phénomène aussi normal que transpirer, le sentiment de honte autour n’a pas lieu d’être. Nous devons combattre ce tabou et rendre accessibles les protections à toutes les femmes en vue de protéger leur santé intime, dont dépend en partie, leur qualité de vie, leur santé physique et  la bonne reproduction de l’espèce humaine. Il est aussi impératif d’approfondir les travaux scientifiques pour identifier et déterminer la teneur de toutes les substances que contiennent les protections hygiéniques. Il est nécessaire de mettre en place une réglementation obligeant les fabricants à afficher les composants de leurs produits.

Le respect et la préservation de l’environnement est une bataille qui n’exclut personne. En délaissant les protections jetables, on réduit son empreinte écologique. En ce sens, la culotte, l’éponge et la coupe sont de parfaits éléments pour bien vivre son cycle tout en  respectant l’environnement. Cependant les protections jetables sont beaucoup plus pratiques. Elles ne demandent aucun entretien et se changent facilement. Dans tous les cas, la femme moderne dispose d’une panoplie de protections hygiéniques parmi lesquelles elle peut choisir à sa convenance. 

Céleste et Jenny.

3 commentaires sur “LES PROTECTIONS HYGIÉNIQUES”

  1. Je ne savais pas qu’il y avait autant de choses sur les protections hygiéniques, notamment la ceinture sanitaire.
    Il m’arrive parfois d’avoir un flux pesant et je tombe difficilement sur de bonnes serviettes (voile déchiré, bande pas assez épaisse…) alors j’ai pris l’habitude d’acheter plusieurs marques de protection, et pendant mes périodes je les surperpose. J’aimerais savoir est-ce qu’il y a un éventuel risque dans cette pratique ?

  2. Sincèrement j’ai beaucoup appris surtout sur les protections périodiques internes, je ne savais pas que ce genre de protection existait.
    je pense que sava beaucoup m’aider car je vais exposer sur la menstruation d’ici peu, merci.

  3. Retour de ping : LA TERRE DE MES ANCÊTRES - IMANIA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *