Lorsqu’on évoque le mot téléréalité, la première chose qui vient à l’esprit de la majorité des personnes est la ribambelle d’émissions qui suivent ces jeunes gens en quête de célébrité ou encore des célébrités lors de leur quotidien. On pense à l’influence négative que ce type de programme pourrait avoir. Cependant, la téléréalité ne se limite pas qu’aux Marseillais, Secret Story ou KUWTK.
Par définition, le terme téléréalité fait référence au genre télévisuel qui consiste à filmer la vie quotidienne de candidats sélectionnés et placés dans des situations déterminées (Le Robert). Toute émission qui suit des personnes lambda ou pas le long d’une aventure particulière s’inscrit donc dans le registre de la téléréalité. La téléréalité se pose à la frontière entre le documentaire et le divertissement et nous en consommons tous d’une manière ou d’une autre.
On retrouve plusieurs types d’émissions qui correspondent au registre de la téléréalité dont les principaux selon Luc Dupont sont :
- Le Gamedoc ou real-life soaps/concours d’élimination où le plus fort ou stratège des candidats survit à toutes les épreuves pour gagner le gros lot. C’est le format par excellence de la téléréalité. On retrouve des émissions telles que Ink Master, RuPaul Drag race ou encore Glow up.
- Le docu soap lui suit des candidats chez eux ou placés dans des conditions spécifiques tout le long de leur quotidien. Cela prend le format de documentaire tout en jouant le rôle de feuilleton.
- Les émissions de rencontre dans lesquelles on mise encore et toujours sur l’amour sous toutes ses formes. Mariés au premier regard ou Next en sont des exemples.
- Le concours de talents. Un autre format prisé ! Différents concurrents présentent leur talent devant un jury. Le sous-genre le plus connu est le télé crochet où le talent est le chant à l’image de The Voice.
- Le sport qui suit des sportifs de haut niveau tout comme des amateurs lors d’une succession de défis sportifs ou de périples de l’extrême.
- Le concours de transformation ou d’amélioration, ces shows suivent des personnes insatisfaites ou en quête d’amélioration. Ce désir peut porter sur les personnes elles-mêmes (Relooking extrême) ou sur un bien matériel comme une maison ( les As de la déco) ou une voiture (Pimp my ride).
- La caméra cachée et les impostures. Ce format mise sur la surprise afin de surprendre ou effrayer des inconnus ou célébrités. Cela les mets aussi dans des situations insolites pour jauger leurs réactions. Punk’d de Ashton Kutcher en est un exemple.
- Les activités professionnelles avec un format qui se concentre sur des domaines spécifiques comme la recherche d’appartement (Recherche d’appartement ou maison), la recherche d’emploi etc. Cela permet d’explorer les dessous de certains métiers.
Par la diversité de genres, de personnages, de domaines et de formats, la téléréalité a la capacité d’atteindre tout type de public. On retrouve des émissions qui abordent les thèmes les plus inimaginables parfois alliant plusieurs types en un. Par exemple, certaines émissions mettent en scène des célébrités dans des docu soap ou des concours d’élimination, c’est le cas des numéros “spécial célébrités” dont les revenus sont donnés aux associations caritatives. En somme, il y a un programme adapté pour tous : pour le jeune qui veut découvrir le monde de la randonnée, pour celui qui veut apprendre la déco tout comme pour celui qui veut lézarder dans son canapé !
Aussi différentes soient-elles, ces émissions attirent et scotchent l’humain devant l’écran pour diverses raisons. Les trames utilisées tournent autour de sentiments qui nous sont bien familiers.
Nous nous identifions aux candidats, nous voyons en eux les gens que nous sommes ou que nous aurions voulu être. Nous nous évadons vers des terres inconnues ou dans un monde que nous n’aurons jamais la possibilité de fréquenter. Nous vivons les différentes mises en situation et éliminons les candidats non appréciés. Les mêmes trames sont utilisées encore et encore afin de tourner ces faits/moments de vie en divertissement attrayant.
L’objectif de ce type de contenu est de nous permettre de nous évader de notre propre quotidien. Il ne nécessite pas notre réflexion. On peut se poser dessus sans voir le temps passer, riant à chaque boutade, chaque situation ou encore nous énervant devant les agissements de certains participants. Ce type de programme peut très vite ne rien nous apprendre mais peut s’avérer être une grande source de connaissance. C’est ce que j’appelle la téléréalité éducative qui est le fait d’utiliser ce registre afin d’augmenter ses connaissances dans un domaine précis.
Mon aventure avec la téléréalité éducative a commencé avec la question “pourquoi est-ce mauvais de se faire tatouer ?”. Ayant grandi avec des proches qui affirmaient que seuls les brigands portaient des tatouages, j’ai développé un biais à l’encontre des personnes tatouées. Le moyen le plus rapide que j’ai trouvé pour combattre ces a priori était de regarder un gamedoc sur les tatouages : Ink Master où plusieurs tatoueurs sont en compétition. On apprend très vite qu’il existe différents styles et techniques de tatouages et que nombreux vont en école d’art afin de maîtriser l’agencement des couleurs entre autres. C’est ainsi que depuis ma chambre, je combattais les préjugés de mon entourage.
Depuis lors, chaque fois que je désire en apprendre un peu plus sur un domaine, je recherche une émission de téléréalité qui aborde le sujet de manière semi-professionnelle.
C’est ainsi que j’ai appris que le maquillage était un vrai métier avec Glow up. Un make-up artist doit préparer un concept selon un thème, le réviser, l’appliquer mais surtout s’assurer que tous comprennent et devinent sa source d’inspiration.
Plusieurs autres émissions m’ont permis d’apprécier certains métiers et cultures qui m’étaient étrangers. Avec Chef & my fridge, je me suis familiarisée avec la culture culinaire coréenne tandis que The big flower fight m’a entraîné dans l’univers du décor floral.
Finalement, Rupaul Drag Race que je recommande fortement, en plus de m’apprendre ce qui tournait autour de l’univers des drag queen m’a permis de faire face à plusieurs préjugés sur l’homophobie, la transphobie et le crossdressing. On y suit un certain nombre de drag queen pendant une dizaine d’épisodes : elles dansent, chantent, font du cinéma, de la couture, se maquillent sans parler du tucking ! Je ne sais pas pour vous mais je ne me vois pas danser ni chanter en talons aiguille ! Cela force le respect.
Via leur habileté à offrir aux téléspectateurs un divertissement sur le réel, c’est-à-dire un accès inédit à la vie d’autrui dans un contexte qui semble vrai et authentique, les émissions de téléréalité attirent un vaste public. Cependant une sélection préalable peut permettre d’en tirer une valeur éducative.






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