LCM : TRAUMA

Source image: Naitiemu

Cet article s’inscrit dans le cadre de chroniques sporadiques appelées “Les chroniques de Mimi”. Née en 2014, Mimi est un personnage universel, une personnification de la femme, une couverture que chacune peut utiliser pour sa protection. Mimi est là lorsque la femme hésite encore à poser les mots sur papier par peur des jugements, des regards ou juste parce que.

“Je m’appelle Mimi,

Diminutif de Mireille, Miriam, Michelle, Micheline,

Je suis la mère et sa fille adolescente,

La vendeuse de foufou et sa cliente,

La coiffeuse et l’impatiente mariée,

La grand-mère et la petite fille sur ses genoux,

L’athlète et sa muette spectatrice,

Je suis plurielle,

Je suis unique,

Je porte en moi les récits de toutes ces femmes,

Leurs joies, extases et tragédies…..

Bref, je suis Mimi.”

Dire à une personne qu’elle est un mauvais coup n’est pas vraiment productif. Ce qui est productif c’est de lui expliquer pourquoi elle en est un…

Il aura fallu à Mimi de replonger dans cette soirée qu’elle avait qualifiée de traumatisante pour trouver les raisons de cet attribut.

Tout avait commencé normalement, des bisous, des câlins, des embrassades puis les vêtements qui s’envolent. 

Elle n’eut pas besoin d’aller plus loin pour trouver le signe précurseur de l’atrocité mentale que serait cette interaction: il ne consacra pas plus d’une minute à sa poitrine. C’était facile de balayer cela comme étant dans le feu de l’action mais elle se souvint distinctement lui avoir demandé de la lui toucher, caresser, sucer. Rien ne fut fait ou, ce fut une maigre tentative qui échoua comme une vague sur la côte.

Une fois dévêtus, il s’était empressé de les conduire dans la chambre. Elle s’était allongée puis il avait descendu sa tête pour explorer son intimité avec sa langue. Mimi chercha longtemps les mots pour décrire ce qu’il y fit.  “Comment dire? Il avait des mouvements de langue organisés, voilà. Une chorégraphie précise, travaillée et inefficace: langue à gauche, langue à droite, faire un rond autour du clito puis haut en bas, recommencer!”

Tous ses efforts étaient concentrés sur le bout, la tête du clito tandis que toute personne qui s’y connait vous dira que dans cette affaire, il faut y aller. Se ménager lors d’un cunnulingus c’est comme laver ses vêtements sans savon, ça ne sert à rien à part perdre son temps. Avec ses mains qu’elle posa sur le crâne de son adversaire, Mimi avait essayé de suggérer une exploration plus profonde tandis que des mots clairs furent prononcés et intimaient de penser à la poitrine précédemment oubliée. Ces suggestions furent ignorées.

Les raisons pour lesquelles cette interaction fut pénible devenaient de plus en plus évidentes. Il n’écoutait pas. Il n’avait aucune volonté d’apprentissage. Il préférait se réfugier dans ce qu’il savait faire et pensait bien faire plutôt que d’écouter la personne en face qui énonçait clairement comment lui donner du plaisir.

Sans surprise, Mimi pensa à ses partenaires précédents pendant qu’il moonwalkait de la langue entre ses jambes. Elle repensa à celui qui s’y était engouffré tout en tendant l’oreille. Sa mission avait été de découvrir ce qui, elle, la ferait réagir et il avait trouvé. Mais là, elle se contentait d’attendre la fin de la chorégraphie avec les lèvres, résignée.

La performance du monsieur se termina comme elle avait débuté, sans feux d’artifice. Il s’empressa de la pénétrer ensuite et de prendre du plaisir une première fois. 

À partir de là, Mimi se rappela d’une série d’incidents, de choses qui la mirent de plus en plus mal à l’aise.

Après la première prise de plaisir du monsieur, les câlins se résumèrent principalement à des frottements pré-pénétratifs. Avec lui, les actes tout bonnement inclus dans le terme parapluie “préliminaires” étaient exactement ça des préliminaires. Des choses qui se faisaient une fois avant les “vraies” choses.

Plus tard dans cet échange physique, il continua de la pénétrer bien qu’elle disait avoir mal. Elle se souvint d’un court échange verbal lorsqu’il tenta une énième pénétration:
“- Non, j’ai mal, arrête.
– J’avais remarqué que tu n’étais plus mouillée
– Et tu comptais quand même continuer!?!”

Ce fut à ce moment qu’elle décida d’associer le mot traumatisme à cette soirée. Comment ne pouvait-il pas savoir qu’il fallait s’arrêter dès que c’était douloureux pour l’autre. Et surtout comment se rend-t-on compte du manque de lubrification et persiste-t-on dans ses mouvements de va-et-vient sans sourciller?

Dans la même veine, au réveil, il essaya de la pénétrer sans excitation préalable. Un violent “je ne veux pas” obtenut la réplique “je vais te mouiller alors” avant que sa tête ne se dirige vers le bas-ventre de Mimi. Encore là, elle savait qu’il ne le faisait pas pour elle mais pour lui. Elle avait dit non mais il avait compris non mais. C’était clair que ni son plaisir, ni son confort n’étaient ni prioritaires, ni pris en compte ou encore étaient simplement oubliés. 

Le désir de sa partenaire n’était pas une préoccupation: tant que celle-ci était nue, cela, pour lui, voulait dire qu’elle était consentante. Elle a dit non parce que ce n’est pas confortable, je l’humecte et bam rebelote. Ce raisonnement était d’une simplicité qui reflétait soit un réel manque d’éducation sexuelle (consentement inclus) ou un rien-à-battre total des envies de sa partenaire.

Mimi possédait un lapin, un de ces jouets qui procure du plaisir. Il siégeait au chevet de son lit, occupant une place de prestige. Entre deux tambourinages, le monsieur voulut inspecter l’objet curieux qu’elle s’empressa de lui montrer, espérant que l’utiliser la délivrerait de cette misère. 

“- Ah tu me mets mal là! lâcha-t-il.

– Pourquoi?

– Il est plus grand que moi. Ça me complexe un peu…”

Quelle était cette idée de se comparer à un objet? Elle savait certains hommes réticents à leur utilisation mais ne comprenait pas leurs raisons. Dans son cas, était-ce parce qu’il se sentait émasculé? Savait-il que l’objet avait la taille d’un phallus moyen et que sa réaction n’était que le reflet de ses insécurités? Et que la taille ne faisait pas tout, surtout lorsqu’on ne comptait pas que sur la pénétration?

Une autre fois, la dernière, Mimi avait suggéré avec insistance qu’il prête attention à sa poitrine. Le résultat fut similaire à ce qu’il fit plus tôt avec une autre de ses zones érogènes: 1…2…3…on tourne le téton à gauche, à droite, on le pince et on recommence. Mentalement fatiguée, elle s’était résolue à ne plus rien essayer, à devenir cette fameuse étoile de mer.

Des étoiles de mer, peut-être que certaines femmes l’étaient parce que blasées par des partenaires de jeu qui se refusaient d’écouter, choisissaient de faire ce qu’ils pensaient idéal pour elles et se fichaient qu’elles aient mal ou pas envie.

Ce fut une nuit mouvementée et pleine d’incidents mentalement violents, pensa Mimi. Par réflexe, elle essaya de souligner les bons côtés de la chose: au matin il avait su lui procurer un peu de plaisir puis elle savait désormais qu’il était à éviter: un supplice pour le mental.

Plusieurs jours après l’acte, une peur lui tenait au ventre: et si sa contraception n’avait pas été efficace? Et si elle se retrouvait enceinte de ce con ?

Les jours qui suivirent, elle fut tiraillée entre avoir confiance en son gynécologue et courir demander un test au pharmacien. Les soirs, elle déprimait devant son ventre bombé. Était-ce son abdomen ou son utérus? Était-elle enceinte ou juste potelée? Les matins, elle se réjouissait du plat de ce ventre, sereine à l’idée qu’elle ne portait pas une partie de lui en elle. 

La délivrance physique arriva avec les règles. Avec elles, elle put enfin prendre la douche libératrice. Celle qui la délivra de ce drame et des conséquences qui seraient survenues avec. Celle qui se débarrassa du souvenir de ce mauvais coup, de cette nuit traumatisante.

La délivrance mentale prit son temps. Cette rencontre rappela à Mimi que chaque personne avec qui on interagissait sexuellement avait le pouvoir de nous faire du mal physiquement comme mentalement. Cela n’était pas de notre faute et cela ne devait pas empêcher de faire confiance au prochain partenaire. Ce qui l’aida à surmonter l’incident fut de confronter cette personne. En somme, dire à cette personne qu’elle est un mauvais coup et lui expliquer pourquoi…

Sylvia.

Mot de l’auteur: Action ou vérité? Fiction ou réalité? Je vous invite à découvrir ce que l’écriture fait de mieux, brouiller les limites entre l’imaginaire et le réel. Mon seul objectif: laisser vaquer mon imagination, explorer les choses que je me suis refusée, les choses que mon cerveau voulait décrire et explorer, faire danser les mots, les serrer les uns contre les autres pour vous conter une histoire, un moment ou une aventure!

5 commentaires sur “LCM : TRAUMA”

  1. Il n’a pas duré peut-être que l’hygiène laissait à désirer, le mec a croisé quelque chose de pas net il n’a pas voulu continuer; quelque fois on doit arrêter d’accuser des mecs aussi; y’a des meufs elles ont un vagin qui fait peur, des lèvres écartées on dirait une plaie au couteau.

  2. Des expériences dans lesquelles je ne me lance pas. A la seconde chance si tout se passe toujours aussi mal j’arrête le Monsieur. Nombreux vantent leurs mérites mais très souvent la réalisation s’avère désastreuse. Le pire dans tout ça c’est qu’une fois qu’ils sont en sueur et haletant comme des buffles 🐃 ils perdent l’ouïe, ils n’écoutent plus.

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